La naissance du Chemin de Fer Au début du 19ème siècle, les routes empierrées sont inexistantes sur l'île d'Oléron. En 1841, l'inauguration de la route nationale qui joint le Château à Chassiron améliore la situation. Cette même année 1841 voit la naissance de "l'Insulaire", première société de transport créée par Jacques Bouineau. Chaque jour une liaison par voilier est assurée entre Le Château et Le Chapus. Chaque semaine trois autres liaisons sont assurées entre la Rochelle et Saint-Denis, Boyardville et Le château. En 1882, André Bouineau fonde la "Compagnie Oléronnaise de Navigation". Cinq vapeurs font alors le voyage entre le Château et le continent. Mais, à l'intérieur de l'île, il n'y a qu'une diligence qui a du mal à se frayer un chemin sur les routes boueuses de l'île. En 1875, un premier projet d'un tunnel sous-marin reliant le Continent à l'île, emprunté par un tramway à vapeur. Le tunnel projeté, qui aurait relié Le Chapus à Ors, du fait de l'importance de la pente nécessaire, aurait ressemblé à un chemin de fer de montagne sous la mer. Un deuxième projet analogue, proposé par l'administration en 1877, est également abandonné ; l'utilisation d'un pont métallique avec travée centrale levante a été étudiée, mais non retenue. C'est en 1900, sous la pression d'André Bouineau, qu'est décidée la construction d'une ligne reliant Saint-Trojan à Saint-Denis, avec un embranchement sur Boyardville. Une concession de 60 ans est alors consentie à la Compagnie Bouineau.
L'exploitation de la ligne A son inauguration, la ligne a une longueur de 46,43141 kilomètres (admirez la précision : au centimètre près !) et possède 28 arrêts. Cinq machines sont utilisées pour tout le réseau, ce sont des Corpet-Louvet de 14,5 tonnes. Au départ, 16 voitures sont utilisées : 4 voitures mixtes (première et deuxième classe), 8 voitures de deuxième classe, 4 wagon-postes. Cela permet de constituer quatre trains complets, lorsqu'il n'y a pas de réparation en cours. Pour la partie transport de marchandises, 34 wagons seront utilisés : 8 wagons couverts, 4 wagons tombereaux, 12 wagons plats à bords haut, 8 wagons plats à bords bas et 2 wagons à traverse mobile. Quatre allers et retours quotidiens joignent Saint-Trojan et Saint-Denis, trois allers et retours entre Boyardville et Saint-Pierre. C'est ainsi que chaque jour près de 400 kilomètres sont parcourus sur les lignes. Quatre rames complètes sont utilisées pour effectuer ces parcours, une étant en réserve ou en réparation. La vitesse commerciale est de 20 km/h, elle tient compte des arrêts aux haltes et gares, entre Sauzelle et Boyardville, la vitesse n'est que de 14 Km/h, du fait de la longueur de la rame et des virages très étroits sur cette portion de voie. C'est ainsi que Saint-Denis et à 1h30 du Château, Boyardville à 2 heures de Saint-Trojan. La guerre éclate en 1914, la plupart des employés sont mobilisés, certaines des locomotives sont envoyées au front. Après la guerre, rien n'est plus comme avant, pour faire face aux déficits, le service est très réduit : il n'y a plus que deux allers et retours sur la ligne principale et deux entre Saint-Pierre et Boyardville. Le personnel qui s'occupe du chemin de fer se répartit en trois catégories. Il y a 13 roulants : des chefs mécaniciens, des chauffeurs et quelques ouvriers qui se chargent des déplacements des rames. Il y a 9 poseurs, qui s'occupent de l'entretien des voies. Il y a enfin 24 exploitants, qui se trouvent dans les gares et dans les ateliers d'entretien et de réparation. En 1927, il n'y a plus qu'un seul aller et retour, les autobus faisant concurrence au train. Pourtant l'autobus ne met pas moins de temps pour faire le même trajet, mais il est beaucoup moins cher à l'entretien. Le remplacement progressif du train par les autobus s'accélère lorsque le réseau est racheté par la "Régie", en 1929. Le trafic s'arrête définitivement en 1935. Le petit train de Saint-Trojan, qui relie cette ville à la pointe de Maumusson n'a rien à voir avec le précédent réseau. Il est construit de toute pièce en 1963, essentiellement à partir de matériels militaires cédés par les domaines après le démantèlement des ouvrages de la ligne Maginot pour partie et de dommages de guerre pour le reste. Depuis, il transporte un peu moins de 70 000 passagers par an, entre Pâques et fin septembre. En ce qui concerne l'environnement, malgré la pollution qu'il occasionne (bruit, odeur, afflux de personnes dans une zone dunaire à protéger) les trains emportant à chaque voyage 150 à 180 passagers, ils évitent l'usage de 50 voitures personnelles, réduisant d'autant la pollution. De même l'usage du train évite à toutes ces personnes de piétiner la forêt et de laisser tous leurs papiers gras et autres boîtes de conserves. Le bilan est positif et le bail est renouvelé régulièrement par l'ONF.
Le tracé de la ligne Comme partout, le tracé exact de la voie sera l'origine de nombreuses controverses. Saint-Trojan est la tête de la ligne, la gare est implantée à l'entrée du bourg, près du Port et elle comporte même un pont-bascule qui sera démonté en 1913 et une plaque tournante. La voie se dirige ensuite vers le Château, avec un arrêt facultatif à Petit-Village. La gare suivante est celle de Grand Village, puis un autre arrêt facultatif nommé Les marais qui est situé au beau milieu des marais salants, après que la voie ait passé le chenal de Nicot sur un pont en ciment armé. Le Chenal d'Ors est également franchi par un pont en ciment armé, après l'arrêt facultatif de La Bordelinière, voici la gare de La Chevalerie, puis celle d'Ors avant d'arriver à la gare du Château. Dès les abords du Château, la voie se divise en deux branches qui forment un triangle avec trois voies parallèles comme troisième côté. Cela permettait de nombreuses manoeuvres, entre autre le retournement complet d'un train sans passer par la plaque tournante. Une voie s'approche du quai pour faciliter le transport des marchandises entre le train et le bâteau de la Compagnie Oléronnaise. Le Château possède deux gares distinctes : Château-Quai qui est la gare des "Chemins de Fer de l'Etat" et Château-Port qui est la gare du réseau Oléronnais. En sortant du Château, un premier arrêt facultatif à Château-Ville, situé à seulement 368 mètres de la gare Château-Port, puis un deuxième à la Porte de Dolus avant d'atteindre la halte de la Gaconnière, transformée en gare en 1913. Avant d'arriver aux fouxbourgs de Saint-Pierre, on trouve l'arrêt facultatif du Deau, puis à Dolus la gare de Dolus, ensuite les arrêts facultatifs de la Casse du Bois d'Anga puis de la Dresserie. A Saint-Pierre, le premier arrêt est la halte de Saint-Pierre - La Cotinière qui dessert le quartier de Bel Air, Maisonneuve et bien sûr La Cotinière. L'expédition de la marée provoque un trafic intense dans cette gare. Deux embranchements desservent le négociant en vins Gresseau-Péponnet pour le premier et la distillerie Soudois pour le deuxième. La ligne continue ensuite pour aller à la gare de Saint-Pierre, l'une des plus importante. Devant l'importance du trafic, composé principalement par des tonneaux, le quai de marchandises est agrandi en 1916. La gare possède une buvette, et c'est à Saint-Pierre que se trouve l'Atelier qui permet de faire les réparations nécessaires et qui approvisionne en eau les machines à vapeur. A partir de Saint-Pierre, en direction de Saint-Denis, la gare suivante est celle de Sauzelle, qui en fait est assez loin du village de Sauzelle. La ligne se sépare en deux, nous suivons celle qui se dirige vers le nord. Le prochain arrêt facultatif Saint-Georges se trouve tout près du bourg. Huit cents mètres plus loin, l'arrêt de Saint-Georges - Chéray se trouve à égale distance entre Saint-Georges et Chéray. La ligne, passant par l'arrêt facultatif de Chéray, se dirige vers le village de Chaucre : à 500 mètres du village se trouve la gare de Chaucre. Ensuite le village de La Brée voit lui aussi la gare de La Brée située à l'écart du village, au lieu-dit "Le Breuil". Dernier arrêt facultatif avant Saint-Denis, le Moulin des Combes. La gare de Saint-Denis est le terminus de la ligne, mais celle-ci continue en direction du Port. L'ensablement du Port diminuera l'activité sur cette portion de la ligne qui sera vite réduite à une peau de chagrin. Revenons maintenant à l'embranchement qui relie Sauzelle à Boyardville, tout d'abord l'arrêt facultatif Les Quatre Chemins au sud du village, puis l'arrêt facultatif de la Saurine avant d'arriver au terminus de Boyardville. Cette gare a eu un trafic très important : des vapeurs transportent les passagers en provenance de La Rochelle, le charbon et les engrais pour les importations ; le poisson, le Cognac, le Pineau, le vin et le sel pour les exportations.
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