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La résine de pin Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Les outils pour la résineBien que l'exploitation de la gemme de pin date de la plus haute antiquité, ce n'est qu'au début du siècle que l'exploitation de la résine connaît une réelle ampleur sur tous les pins de Gascogne.

Les Gascons, venus s'occuper des travaux de fixation des dunes, perpétuent cette pratique. En 1911, le gemmage est légalisé en tant que technique d'exploitation. La récolte de la résine va durer un demi-siècle, elle ne s'arrêtera que dans les années 1970, lorsque des cours de la résine vont s'effondrer, les coûts de production et de transport portant alors un coup fatal aux résiniers.

La distillation de la résine donne deux produits : 20% d'essence de térébenthine, solvant utilisé dans les peintures ; 70% de colophane, utilisé dans les colles de papeterie, les savons et les vernis.

Le principe du gemmage consiste à ouvrir une blessure dans l'arbre, qui est ensuite entretenue régulièrement. Le pin réagit alors par un écoulement de résine, goutte d'or qui perle de la blessure, que l'on recueille dans un pot en terre cuite.

Les arbres éliminés lors des éclaircies sont gemmés à "mort" : dans ce cas il recoivent autant de pots qu'ils peuvent en supporter. Les autres sont gemmés à "vie" ou "en épuisement". On attend que le tronc atteigne 30 centimètres avant de placer les pots (à l'est la première année, ensuite au nord, puis à l'ouest, ensuite au sud et la cinquième année on laisse reposer l'arbre et on traite les arbres gemmés à vie). Le cycle de cinq ans reprend alors, mais les blessures infligées à l'arbre sont faites un peu plus haut.

Dès le mois de février, le résinier écorce le pin, en enlevant les morceaux d'écorce qui risqueraient de tomber dans le pot, sans atteindre l'aubier (dans ce cas la résine se met immédiatement à couler et le résinier se met en contravention avec le réglement). Il place en dessous le pot, qu'il maintient sur l'arbre avec des lamelles en zinc.

A partir du premier mars, le résinier peut enfin piquer l'arbre en utilisant une petite hache. La résine se met à couler, mais au contact de l'air elle cristallise lentement. Le résinier est donc obligé de rouvrir la blessure tous les sept jours.

Peu à peu, la résine coule dans les pots. Lorsque les pots sont pleins, les femmes viennent la récolter, en la transvasant des pots de gemmes dans des bidons en tôle, des "escouartes", puis le contenu des "escouartes" dans des barriques qui sont expédiées à la distillerie de La Tremblade.

Il y a cinq récoltes par année de gemmage, la dernière intervient au début du mois de novembre. On récolte alors également la résine qui a durci au fond et autour des pots, ainsi que celle qui reste sur l'arbre, tout en prenant soin d'en laisser suffisamment pour protéger l'arbre pendant les frimas hivernaux.

A partir des années cinquante, la chimie vient augmenter le rendement. En effet, en projettant de l'acide sulfurique dans la plaie, les canaux de résine s'ouvrent plus amplement, la récolte est plus abondante de 20% environ et l'espacement entre l'entretien des entailles s'agrandit jusqu'à 14 jours.

Par an un pin produisait 1,6 litre de résine, les meilleurs en produisant jusqu'à 2 litres. Au début du siècle 100 000 arbres étaient exploités et produisaient 1 500 hectolitres de résine. L'arrêt définitif en 1971 de la récolte de la résine ne laisse plus que quelques morceaux de pots de gemme que l'on peut trouver de place en place dans les forêts de Saint-Trojan et Boyardville.
 
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