Oleron (Cabuzel) L'île d'Oléron  
Dimanche 14 mars 2010 - 6h37 - Soleil : lever 8h21, coucher 20h09 - Lune : nouvelle lune le 15 mars
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La pêche sur l'estran Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail

Les biotopes


Les rivages oléronnais sont très variés : depuis les rochers du nord de l'île, du sable fin dans le sud et le nord est jusqu'au plateau vaseux du sud est. La douceur du climat est accentuée par le passage le long des côtes du Gulf Stream, ce courant chaud qui vient des tropiques. De plus l'estuaire de la Charente vient diminuer la salinité de l'eau.

Toutes les conditions sont donc réunies pour avoir une très grande diversité dans la faune qui peuple l'estran, cette partie du rivage qui est couverte puis découverte deux fois par jour par le phénomène des marées.

Il est donc tout naturel que coquillages, crustacés et poissons soient la proie des "bassiers", ces gens qui viennent à marée basse pour pêcher (qui vont "à la coûte", comme on dit en patois local).

Vous trouverez ci-dessous une description des différentes techniques de pêche, la description de chaque espèce animale se trouvant dans une page spécifique. Les horaires et les coefficients de marée, essentiels pour toute activité sur la côte, sont donnés dans une page spécifique.

J'ai décomposé cette présentation en trois parties. Les deux premières peuvent se pratiquer sans beaucoup de matériel, en se promenant soit sur les côtes rocheuses de l'île, soit sur les côtes sableuses. La troisième partie présente les différentes pêches accessibles avec une canne à pêche.
 

La réglementation de la pêche à pied


Comme toute activité, la pêche à pied est soumise à une réglementation qu'il faut connaître. Heureusement, ces réglements sont peu nombreux et ne sont pas trop contraignants. Ils ont pour seul but de protéger le travail des hommes (les écluses, les parcs à huîtres,...) et l'environnement (ne pas détruire les rochers, ne pas dépeupler l'estran,...).

Voici un résumé de la réglementation en vigueur :
  • Pêche uniquement entre le lever et le coucher du soleil, aux périodes d'ouverture.
  • Zones de pêche accessibles à pied comportant des restrictions ou interdictions : chenaux classés, ports, baie de Saint Trojan.
  • La pêche dans les écluses est interdite.
  • Plus généralement, la pêche est interdite à moins de 25 mètres des concessions de cultures marines ; couteaux, ciseaux, piochons ou crocs à dents dont les lames ou dents ont une largeur inférieure à 4 cm.
  • Engins autorisés pour les huîtres : piochons de 4 cm de largeur au maximum, tout autre outil traditionnel non susceptible de porter atteinte à la conservation du milieu de largeur inférieure à 4 cm.
  • L'emploi de tout autre filet autre que les filets calés sur les grèves n'est subordonné à aucune autorisation pour la pêche à pied (balances, haveneaux, épuisettes, carrelets mobiles,...) à condition de respecter le maillage de 14 milimètres (les filets calés sur l'estran sont soumis à autorisation annuelle délivrée par les Affaires Maritimes).
  • La pêche à pied des végétaux marins est autorisée pour les goémons de rive à plus de 50 mètres des établissements de pêche ou de cultures marines toute l'année et du 1er mai au 30 octobre pour les lichens.
  • Poids de la pêche limité a 5 kg par personne.
  • Transport interdit en bateau.

Pêche sur les côtes rocheuses

La partie rocheuse se trouve au nord de l'île, entre La Brée à l'est et Chaucre à l'ouest en passant par Chassiron au nord.

La côte est composée de "banches", bandes de rochers qui s'éloignent vers la mer, entrecoupées de "casses" dans lesquelles l'eau reste présente, même à marée basse.

Les Crabes

En soulevant les pierres, où en explorant les cavités dans les banches avec un crochet, vous trouverez de nombreux crabes (des chancres en patois). Il faut se protéger les mains avec des gants, pour ne pas les abîmer contre les rochers et pour éviter les pinces des crabes. Il suffit de se munir d'un seau ou d'un panier pour y mettre les crabes, en évitant de les mélanger avec les autres animaux ramassés sur la côte.

Le crabe le plus commun est le crabe vert ou crabe enragé, tout juste bon pour faire des soupes : ils ne sont pêchés que par les enfants.

Le meilleur, tout en restant abondant c'est l'étrille. Il est surnommé batailler en patois, ce qui vous donne une idée de sa combativité. Il faut que le coefficient de marée soit au moins égal à 80 pour que l'on puisse voir des individus de taille suffisante (voir les horaires des marées).

Beaucoup plus rare, et uniquement par très grande marée, vous pourrez rencontrer un dormeur ou tourteau (bourse en patois). Les tourteaux de moins de 9 cm de large doivent être relâchés. Attention à ne pas le confondre avec un homologue qui se nomme xanthe et qui lui ressemble mais dont la carapace n'est pas lisse et qui n'a aucune valeur gastronomique, ce crabe est très abondant et ne dépasse jamais une dizaine de centimètres.

Très rarement, à la fin du printemps, vous trouverez une araignée (gourgalle en patois).

Quant au célèbre homard (langoute en patois), sa prise à pied sec est extrêmement rare. Par contre les homards sont très nombreux entre l'île d'Oléron et l'île de Ré (c'est là que sont pêchés la majorité des homards "bretons").

Crevettes

Vous verrez de nombreuses crevettes dans les trous d'eau. Vous verrez des crevettes roses, très communes qui paraissent noires lorsqu'elles possèdent des oeufs, et les crevettes bouquets, plus grosses qui présentent des reflets verdâtres dans l'eau et dont les pattes comportent des taches roses.

Elles sont toutes les deux commestibles, et se pêchent avec des filets et des épuisettes, soit dans les mares laissées par la marée, soit en raclant les algues, dans un mouvement continu de bas en haut.

Poissons

Vous verrez également des poissons qui nagent à toute vitesse pour aller se cacher d'un rocher à un autre. Le plus commun est le gobie, qui constitue la "godaille" qui se déguste frite. C'est le seul qui a un intérêt culinaire, mais vous verrez également des blennies et des motelles. Vous pourrez même voir le petit serpent de mer, dissimulé sous un rocher.

Vous pouvez rencontrer des mulets qui remontent en même temps que la marée, nageant quelques centimètres sous la surface.

Coquillages

En grattant dans les endroits à la fois sablonneux et pierreux, vous allez trouver des coquillages. Le plus souvent, ce sera une palourdes, coquillage délicieux. Les plus doués repèreront les trous en forme de huit que laissent ces coquillages, les autres se contenteront de gratter au hasard.

Vous trouverez de temps à autre une praire. Il vous arrivera également de renconter des oursins. Leur corail est excellent et vous pourrez ramasser les plus grands individus. N'en prennez pas plus que vous ne pourrez consommer, ils ne se conservent pas longtemps.

Sur les rochers, ce sont les patelles qui se laisseront ramasser avec un simple couteau. Prenez les individus qui sont à l'abri sous les algues et dont le pied est jaune, et pas trop gros. Vous aurez ainsi des patelles plus tendres.

En se rapprochant de la côte, vous rencontrerez de gros bigorneaux, vous pouvez en ramasser, en faisant attention qu'ils ne soient pas habité par un bernard-l'ermite.

Vous verrez de nombreuses moules sur les rochers. Elles ont un goût nettement plus prononcé que les moules de bouchots : on aime ou on n'aime pas.

Vous verrez également des huîtres. On peut essayer de détacher les plus grosses avec un piolet, mais vous n'aurez pas le même goût que les huîtres des ostréiculteurs, qui ont été verdies en claire.

Une recommandation : ne pêchez pas à l'intérieur des écluses, c'est interdit. Et ne déplacez pas les pierres qui constituent le mur, ne prenez pas les coquillages qui sont dessus. Le mur est fait avec des pierres simplement posées les unes sur les autres, la place de chacune est étudiée pour que la mer ne la déplace pas et elles sont maintenues entre elles par les coquillages qui s'y développent.

Vous verrez, lorsque la plage est plus sablonneuse, des gens armés d'une bêche, en train de labourer la plage. Ce sont des pêcheurs qui viennent faire provision d'arénicoles, des vers marins qui servent d'appâts.

Si vous voulez partir avec moi à la "coûte", consultez la page de l'album photo qui y est consacrée



Pêche sur les plages de sable


Il y a de nombreuses plages de sable sur l'île, mais celles qui recèlent le plus de découvertes restent celles qui sont en lisière du plateau vaseux : Boyardville au nord et Saint-Trojan au sud.

Coquillages

Le coquillage le plus facile à ramasser est sans contestation la coque. Il suffit de gratter légèrement le sol pour en ramener de pleins paniers. Attention, n'en pêchez pas plus que ce que vous pouvez consommer, et enlever consciencieusement le sable qu'elle recèlent, pour que cela ne craque pas sous la dent.

Une autre technique doit être utilisée pour pêcher le couteau. Cet animal s'enfouit profondément dans le sable à marée basse. Il faut donc lui faire croire que la marée haute arrive, c'est-à-dire qu'il faut mettre du sel dans son trou. Il remonte alors et, dès que vous le voyez, vous devez lui couper la retraite avec une bêche. Il s'agit d'un coquillage très bon, mais coriace.

Un coquillage tout aussi difficile à pêcher est la mye. Il s'agit d'un très grand coquillage (une douzaine de centimètres de long) qu'il faut également ramener à la surface à l'aide d'une bêche. Ce coquillage est très dur, et il est conseillé de le hacher finement pour le consommer.

Vous pourrez également trouver, au sud de l'île ou dans les parties les plus vaseuses, des palourdes, mais elles sont moins bonnes que celles prises dans les rochers (sans doute à cause de la vase).

Au sud de l'île, en grattant le sable sous une vingtaine de centimètres d'eau à marée basse, vous pendrez des "lavagnons". Ce coquillage se prépare d'une façon analogue à la coque, il a tendance à être un peu moins sablonneux.

Vous verrez encore deux mollusques. Le premier est la célèbre huître. Mais évitez de les ramasser, elles proviennent de parcs à huîtres proches et leur ramassage est interdit.

Le second est la moule, élevée sur un pieu en pin, appelé "bouchot". Vous le trouverez en abondance vers Boyardville où elle est cultivée pour être mangée. Un peu plus haut, elles sont destinées à servir dans les nurseries pour les moules bretonnes.

Crevettes

Toujours sur les plages sableuses, vous pouvez pêcher avec un haveneau. Il s'agit d'un grand filet en demi-cercle que l'on pousse dans l'eau, la partie plate pénètre légèrement dans le sable et déloge les crevettes qui se retrouvent dans le filet. Après avoir poussé le filet sur une dizaine de mètres, on le relève et on trouve principalement des crevettes.

La plus courante est la crevette grise, qui vit enfoncée dans le sable où sa couleur la rend invisible. On trouve également des grosses crevettes roses qui sont plus translucides et de forme plus ronde. La première à un goût plus prononcé, la deuxième est plus grosse, faites les cuire toutes deux en même temps et vous pourrez vous faire votre propre opinion.

On ramasse bien d'autres animaux dans un haveneau. Tout d'abord des petits poissons commestibles (gobies, éperlans,...) qui constituent la "godaille". D'autres poissons se laissent prendre : des soles, des plies (trop petites, qu'il faut rejeter), des dragonnets, des syngnathes et même des hippocampes par grande marée.

Si vous attrapez un hippocampe, il faut le rejetez car il s'agit d'une espèce protégée. Par contre, vous pouvez faire sécher des syngnathes et des étoiles de mer (ces dernières sont des ennemies des ostréiculteurs car elles tuent les coquillages pour les manger).

Dans votre haveneau, vous verrez des petites seiches, qui sont appelées "casseron" en patois. Les oléronnais les font frire pour les manger, je vous en donne la recette.

Vous trouverez également des crabes verts, de goût quelconque, des étoiles de mer, des huîtres si vous êtes près de parcs à huîtres (dans ce cas, ne les ramassez pas, c'est interdit), des escargots, des coques, de petites araignées de mer, des oeufs de poissons (des amas d'ovoïdes mous) surtout de raies,... Toute une faune diverse et variée qui fait la joie des petits, et qu'il est préférable de remettre à l'eau après l'avoir observée.

Pour voir tout ce beau monde, il faut choisir un coefficient pas trop petit (80 par exemple) et aller, par exemple, à droite du chenal de Boyardville, et pousser le haveneau entre les parcs à huîtres.


La pêche à la ligne

Pêche dans les chenaux

Vous pouvez pêcher dans tous les chenaux qui sont reliés à la mer, mais pas derrière une écluse, qui délimite un terrain privé.

Vous pouvez utiliser une ligne flottante avec un buldo ou un bouchon. Vous pourrez prendre alors des éperlans, des petits bars (trop petits qu'il faut remettre à l'eau), des anguilles et des crabes ! Comme appât, le plus simple est de prendre des crevettes que vous pêcherez avec une balance directement dans le chenal. Vous mettez soit la crevette entière, soit la crevette décortiquée sur l'hameçon.

Vous pouvez également pêcher au lancer, pour prendre des anguilles, des plies,... Les deux meilleurs appâts pour cette pêche sont les vers marins et les encornets. Vous choisirez ces derniers les plus petits possibles et vous les mettrez de façon à ce que la pointe de l'hameçon sorte entre les deux yeux : les poissons attaquent la tête en premier. Pour les vers, il existe dans le commerce deux types d'aiguilles qui permettent de les placer sur l'hameçon sans les abîmer.

Le meilleur moment se situe une heure de part et d'autre de la marée haute.

La pêche en bord de mer (surfcasting)

La technique de pêche qui consiste à lancer un ou des appâts dans les vagues, le long du rivage, se nomme le surfcasting. Il se pratique avec de grandes gaules et des moulinets spécialement conçus pour la mer. Le but du jeu est de lancer l'appât suffisament loin pour y trouver le poisson convoité.

On peut ainsi pêcher sur les côtes rocheuses, pour prendre principalement des bars. Mais on peut également prendre des plies, des dorades, des raies.

Sur les côtes sableuses, particulièrement dans le sud de l'île, la même technique permet de prendre des poissons plats, soles, plies et raies, et bien sûr le bar, si recherché. De temps à autre, une anguille se laissera prendre.

Les appâts préférés sont les vers de mer, les encornets et les crevettes. On pourra également utiliser un petit crabe mou. La pêche se pratique principalement lorsque la mer est montante.

La pêche à la palangre
Voici une pêche pas trop compliquée à pratiquer et qui donne de bon résultats sur les côtes sablonneuses du sud de l'île. Il est par contre important de ne pas la pratiquer sur les plages où il y a des baigneurs, de façon à ne pas risquer un accident.

Le principe de cette pêche est d'utiliser une ligne constituée par une longue corde d'une vingtaine de mètres sur laquelle on place, tous les mètres, des bas de lignes de 60 centimètres de nylon en 35 centièmes. On place les appâts (vers ou encornets) sur tous les bas de lignes, puis on met la palangre à l'eau.

Chaque côté de la ligne est munie d'un poids sur lesquels sont accrochées deux bouées. Lorsque la marée est basse, il faut tendre la ligne en la posant dans cinquante centimètres d'eau. Il faut choisir une marée basse en soirée. On attend ensuite la nuit toute entière, bien tranquillement chez soi. La marée haute recouvre la ligne de quelques mètres d'eau et les poissons viennent visiter les appâts. Le lendemain matin, tôt, on vient rechercher la ligne, aisément repérable grâce aux bouées et l'on récupère la ligne est les poissons.

Cette méthode de pêche est à proscrire si une tempête s'annonce, on a dans ce cas de forte chance de retrouver sa ligne toute emmelée, sans aucun poisson. Si vous voulez la pratiquer, il vous faut regarder les horaire des marées sur l'île.

Avec cette méthode de pêche, ce sont principalement des poissons plats qui sont pêchés, ainsi que des anguilles.
 
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