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Ainsi, pour se défendre contre cette dénaturation, ils adoptent un fort comportement d'exclusion envers les autres touristes. Exclusion de certaines catégories de clientèle - En effet, lorsqu'on leur demande de s'exprimer sur les différents types de clientèle de l'île, tous les répondants catégorisent spontanément selon les C.S.P.. 36% estiment que la clientèle de l'île appartient aux C.S.P. intermédiaires et populaires : "offre adaptée aux gens qui n'ont pas beaucoup d'argent", "pas trop chic et cher". 16% trouvent cela négatif, 10% trouvent cela positif, et 10% sont neutres. Le manque de respect de l'environnement et des personnes, ainsi que la délinquance : "vandalisme", "moins prudent de sortir non accompagné", "vol, casses de voiture, graffitis", mentionnés dans les points négatifs liés à la fréquentation, sont attribués aux C.S.P. populaires dans 50% des cas. Enfin, 20% s'accordent à dire qu'il s'agit d'une clientèle familiale composée de couples jeunes avec des enfants : "le coté famille", "convivial, familial", et 10% trouvent qu'il y a beaucoup d'étrangers : "allemands, hollandais", moins de jeunes qu'auparavant, et que l'île offre de quoi satisfaire tous les types de clientèles : "accessible à toutes les bourses", "toutes sortes de gens peuvent y trouver leur bonheur". Par ailleurs, 31% mentionnent la forte et gênante présence des excursionnistes, liée pour 87% d'entre eux à la gratuité du pont. - La différenciation au sein des clientèles dans l'Ile d'Oléron se fait fortement par les C.S.P., et si certaines sont tolérées, on assiste à un quasi-racisme envers les C.S.P. les plus basses, accusées de tous les maux de l'île. Ces personnes se voient alors qualifiées de "racaille parisienne", "manquant de respect et de savoir-vivre", "grossiers criards, sans gêne, sales", "agressifs, toujours pressés", "irascibles, sans scrupules". Les excursionnistes sont également ressentis comme étant la source du problème : "les gens du continent viennent en masse passer deux jours", "viennent profiter de la plage et repartent sans avoir rien consommé dans l'île", "des gens qui viennent pour la journée entière, pique-niquent, et repartent ce qui n'apporte rien à l'île au niveau économique", d'où une forte rancoeur exprimée contre la suppression du péage : "la suppression du péage a été le début du déclin d'Oléron". Des propos quasiment sectaires Ainsi, comme nous souhaitions le démontrer, les touristes ont une forte attitude d'exclusion envers les autres touristes, se sentant différents : " vraiment pas comme eux", "je n'ai jamais fréquenté l'île avec un esprit de touriste", "je connais trop et depuis trop longtemps pour avoir la sensation de faire du tourisme", "les touristes, dont je ne me sens pas faire partie", "je ne suis pas touriste, notion à mon sens péjorative", et revendiquant une priorité d'accès à l'île. Les extraits suivants, particulièrement illustratifs, parlent d'eux-mêmes : - "Je considère les touristes comme des envahisseurs. Ils se croient chez eux partout et s'accaparent de tout, je ne les aime pas trop." - "Tous ceux qui viennent maintenant ne sont pas forcément des vrais amoureux de l'île ; ils ne savent pas qu'Oléron a une âme et ils perturbent l'ambiance plus qu'ils n'apprennent à aimer l'île. Hors saison on trouve les vrais amoureux de l'île." - "Je n'aime pas les touristes, ou alors il en faudrait moins, pourtant ils sont utiles, mais ils devraient être triés sur le volet, être vraiment amoureux de l'endroit." - "Je me sens haineux et j'ai envie de les sortir de l'île à coup de pied dans le c.... Vivre sur cette île demande une certaine mentalité, c'est pas donné à tout le monde." - "Les touristes me font ch..., mais ils font vivre beaucoup de monde et l'île n'est pas totalement dénaturée du fait que ces abrutis ne profitent que d'une partie de l'île et oublient l'intérieur. Enfin, ils ne sont pas tous pareils, beaucoup tombent forcément amoureux de l'île, comment les blâmer ?" - "Les touristes sont pour moi des vacanciers rien de plus" Une intolérance constatée par tous Même les personnes qui ne pratiquent pas vraiment cette exclusion la constatent : - "Les habitués ne pardonnent que très peu d'abus aux touristes d'une année. " - "Certains habitués sont assez méprisants vis à vis des personnes qui viennent pour la première fois et ne connaissent pas" - "Il existe une différence entre des familles venant régulièrement sur l'île, ceux qui possèdent un lieu de résidence, et ceux qui viennent pour la première fois, vécus comme des intrus. Les habitués expriment souvent le souhait de se garder l'accès à l'île comme un privilège." - "Sectarisme et hyperprotection, la SPPO Société Protectrice des Paysages Oléronnais n'est gérée que par des résidents secondaires !" Ainsi, on rencontre bien, au sein de cette clientèle effectivement fidèle, des attitudes négatives vis à vis des autres touristes, car chacun se sent gêné dans sa pratique touristique par la trop grande fréquentation et revendique une priorité d'accès aux espaces touristiques de l'île. Certains touristes plus lucides et plus tolérants que d'autres, résument ainsi assez bien la situation : - "C'est une vieille habitude chez les français qui souhaitent, en général, que les choses restent figées après qu'eux aient profité de la chose. Maintenant que ces messieurs dames sont implantés dans l'île, il serait tout à fait raisonnable de limiter ce tourisme si envahissant", - "La majorité des gens qui séjournent dans l'île veulent : du soleil, de la place, du silence, de l'espace et se comportent parfois comme étant seuls sur une île où beaucoup de monde vient y chercher la même chose. Quand on apprécie une destination, il faut se dire que nous ne sommes pas les seuls à penser la même chose"
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