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L’école de Chaucre n’est pas à vendre ! |
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Autrefois, la cour de l'école de Chaucre avait une fonction de place publique. Pourquoi ne la redeviendrait-elle pas ? La cour de l'école, appelée aussi "champ de foire", était la place du village et un lieu de rencontres chargé d'histoire(s) : - Fête du village, le premier dimanche de Juillet,
- Installation de spectacles ambulants,
- Récolte du tilleul,
- Installations commerciales temporaires,
- Jeux des enfants,
- Réunions de village comme le regroupement des chevaux.
| La cour de l'école pourrait redevenir, sous forme d'un jardin public, cet espace d'échange que les habitants de Chaucre ont perdu suite à la privatisation abusive et sans concertation de ce bien commun. La décision du conseil municipal de Saint Georges d'Oléron de vendre l'école de Chaucre a été prise à l'encontre de l'avis de l'immense majorité des habitants du village qui veulent conserver l'école et surtout la cour qui servait autrefois de place publique ou "champ de foire". Sous prétexte de difficultés budgétaires (pour ne pas avoir recours à l'emprunt), et du peu d'intérêt architectural, la mairie de Saint Georges dilapide un bien de la communauté contre l'avis de ses usagers. La fête de Chaucre ou frairie était organisée le premier dimanche de Juillet tous les ans, elle occupait le champ de foire c'est à dire tout l'espace de la cour de l'école actuelle et une partie du champ où se trouve maintenant le parking de la salle des fêtes. Les forains s'installaient sur la place où avait lieu la fête le samedi soir et le dimanche. Autos tamponneuses, pousse-pousse, tir, loterie, confiserie, manège enfants, tivoli pour le bal, lapinodrôme (loterie à lapins) étaient les principales attractions. L'après midi du dimanche, la lyre-harmonie de Saint Georges composée de nombreux chaucrins musiciens donnait un concert en plein air sous la direction du célèbre "Coq". Cette fête était l'occasion d’inviter le dimanche les familles parentes ou amies des autres villages, à charge de revanche pour les jours de fête chez eux. De nombreuses manifestations se déroulaient sur le champ de foire, toujours annoncées à tout le village par le "tambour" de Claude Coussy dit "Ficelle" : - Les "déballages" qui s’installaient sous les tilleuls été comme hiver, étaient des marchands ambulants qui dressaient leur étal comme au marché, en général un seul commerce à la fois pour toute une journée. Marchands de chaussures, de confections, de quincaillerie, le "bazar à 100 francs", un coutelier,... se succédaient à des rythmes plus ou moins établis.
A l’annonce de l’arrivée du marchand, le bouche à oreille fonctionnait dans le village pour mettre l’accent sur les bonnes affaires... à faire sur le champ de foire. - C’était le tambour qui annonçait aussi tous les spectacles ambulants qui avaient lieu sur la place : Cirques (Moreno), Théâtres, Cinéma, Illusionnistes et fantaisistes,...
- La récolte collective et annuelle des fleurs de tilleul pour les tisanes des chaucrins était aussi annoncée par le "tambour". Les "drôles" et leurs mères étaient réquisitionnés un jour de Mai ou Juin pour descendre quelques branches de tilleul et se partager la cueillette des fleurs soigneusement séchées pour une bonne conservation jusqu’à l’hiver suivant.
- C'était aussi un lieu de réunion insolite comme le regroupement de tous les chevaux du village (plus de 50) à l'occasion de l'inspection annuelle pour leur évaluation par l'assurance mutuelle. Cette manifestation toujours annoncée par le "tambour" était l’occasion pour les propriétaires des chevaux de les embellir au maximum (tresses, rubans, graissage des sabots, poils brossés et étrillés) pour avoir la meilleure estimation possible devant le comité d'experts.
| Le champ de foire était aussi un lieu privilégié de rendez-vous pour les jeux des enfants du village : - Construction de cabanes,
- Jeux de ballons (terrain de foot),
- Concours de "chignoles",
- Jeux de "chat perché" ou de "l’épervier",...
| Aujourd'hui le "champ de foire" est clos et privatisé et la mairie envisage de la vendre. Il faut réagir et tout faire pour lui redonner sa vocation de place de village. La cour de l'école avec ses deux tilleuls centenaires pourrait être aménagée en jardin public avec aire de jeux pour les enfants, terrain de boules pour les plus grands, bancs pour les anciens et parterres de fleurs pour tous. Le préau pourrait continuer à abriter l’ancienne machine à battre (ou batteuse) et son moteur si précieusement conservés et entretenus par les chaucrins. L'accès piétonnier direct vers le parking de la salle des fêtes permettrait aux résidants permanents ou temporaires du village de stationner leurs véhicules sans encombrer les rues étroites du village. Le village de Chaucre a su garder son authenticité et son charme pittoresque, l'école et la place publique font partie de cet ensemble indissociable qu'il nous faut à tout prix protéger et conserver. Il est urgent, pour la municipalité de Saint Georges, d'avoir une réelle concertation avec la population de Chaucre pour discuter de l'avenir de cet espace de socialisation qui n'est pas à vendre. Nous vous demandons de prendre toutes les mesures qui vous semblent appropriées pour empêcher la disparition d'une partie du patrimoine oléronais. Michel Nadreau
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