
Je vous propose, dans cette page, de passer une marée sur la "coûte", comme disent les oléronnais en patois. Une autre page présente les différentes techniques de pêche qui peuvent se pratiquer sur les bords de l'île d'Oléron, dans celle-ci je présente uniquement quelques photos, principalement des animaux que l'on peut trouver dans les trous que laisse la mer à marée basse, qui se nomment des "casses". Quant aux bandes de rochers qui s'avancent dans la mer, elles se nomment des "banches".

Nous voici donc partis sur la côte, munis des "armes" traditionnelles pour cette activité : une bonne paire de gants, un crochet et un seau pour y mettre les crabes. Il faut arriver entre une heure et une heure et demie avant le moment de la marée basse, et aller tout de suite le plus près possible de la mer.
Nous ne sommes pas les seuls à faire la côte. Il n'est pas rare de voir des aigrettes garzettes ou des mouettes qui viennent également pêcher.

Arrivé à la limite de la mer, nous commençons à retourner les pierres, sans oublier de les remettre dans le même sens que nous les avons trouvé en arrivant, de façon à ne pas perturber la multitude d'animaux minuscules qui habitent là, ainsi que les algues qui s'y accrochent).
Nous recherchons particulièrement les crabes. Voici le premier crabe que l'on peut voir en grande quantité. Lorsque l'on s'approche, ils se réfugient sous des pierres. Ce sont des crabes verts, encore nommés crabes enragés. Ils ne sont pas particulièrement bons et nous les laisserons aux enfants.

Lorsque l'on se trouve à la limite de la mer, nous commençons à voir des étrilles. Ils se défendent vigoureusement, ce qui les a fait nommer "bataillers" en patois oléronnais.
Mais quand on a réussi à les attraper, surtout les gros spécimens qui ne s'attrapent que par grande marée, ils sont délicieux, soit à manger avec un peu de beurre des charentes et de mayonnaise, soit dans de délicieuses sauces qui accompagnent si bien le poisson.

On peut également trouver des araignées, principalement vers la fin du printemps. L'araignée qui se trouve sur la photo est bien trop petite, aussi nous la laisserons grandir. Mais si nous trouvons l'un de ses parents, il ira tout droit dans la "Gourbeille", nom en patois de ce panier en osier, tenu en bandoulière dans le dos par une large sangle.

En soulevant les rochers, vous voyez des poissons qui se sauvent prestement pour aller se cacher sous une autre rocher. Vous soulevez alors ce rocher tout doucement et le poisson ne bouge pas, comptant alors sur son mimétisme pour se dissimuler.
Il s'agit d'un gobie. Les îliens ramassent ce poisson pour constituer ce qu'ils nomment la "godaille", qu'ils dégustent simplement frite.
A côté du gobie, se trouve un troque, qu'il ne faut pas confondre avec un bigorneau.

Voici un autre poisson, une motelle. On le trouve plus rarement et il ressemble à un congre en miniature.

Glissant silencieusement dans dix centimètres d'eau, vous avez vu de nombreuses limaces de grandes tailles (ving centimètres de long). Il s'agit en fait d'aphysies qui sont effectivement des gastéropodes, comme les limaces terrestres. Mais, si les limaces terrestres n'ont plus du tout de coquille, les aphysies en possèdent une, mais leur corps la recouvre entièrement.
A droite de l'aphysie, se trouve une algue que l'on nomme "queue de paon" (padina pavonia). Il s'agit d'un jeune sujet car les plus âgés s'enroulent pour former une espèce d'entonnoir.

Encore plus nombreuses que les aphysies, sont les anémones de mer. Elles ne sont pas aussi immobiles que vous pourriez le croire car elles peuvent se déplacer grâce à leur pied.
C'est une des raisons pour lesquelles il est conseillé de porter des gants. En effet les anémones se nourrisent en capturant des poissons auxquels elles inoculent un venin par l'intermédiaire de minuscules glandes qui recouvrent leurs tentacules. Si vous passez une heure à toucher des anémones, en retournant les rochers pour y chercher des crabes, vous commencerez a avoir des démangeaisons !

Deux autres animaux que vous verrez sur les rochers. Le premier est bien connu de tout le monde, il s'agit de l'"étoile de mer. Ne vous fiez pas à son air placide, c'est un tueur redoutable pour les coquillages. En effet, elle est très musclée et ouvre les moules et les huîtres par la seule force de ses cinq pieds.
Vous connaissez peut être moins le dernier, à droite sur la photo. Il s'agit d'une galathée, sorte d'écrevisse de mer. Elle est délicieuse, valant largement une langoustine.
Pour faire vous même cette promenade, n'oubliez pas de consulter les horaires des marées.