
Il y a plus de 100 ans, les visiteurs qui passaient sur l'île d'Oléron notaient la présence d'étranges potences auxquelles étaient suspendus des morceaux de poissons.
Les oléronnais, comme tous les iliens, ont de tout temps consommé du poisson. Celui-ci avait trois origines : les ports comme La Cotinière, les écluses et la pêche côtière.
L'approvisionnement en poisson était donc très irrégulier et le principal problème résidait dans leur conservation. Le salage permettait d'obtenir une conservation de longue durée, sur quelques mois.

Mais une tout autre technique était utilisée pour des temps de conservation plus courts, de l'ordre de quelques jours. Il consiste à faire sécher le poisson sur un grand mât, appelé "parour" dans le sud de l'île et "perche" dans le nord, en patois.
On peut voir, sur la carte postale ancienne ci-dessus, prise en juillet 1904, juste devant le port de la Cotinière la perche qui s'élève dans le ciel. La "broche", en forme de triangle et qui porte les poissons, est descendue et se trouve devant la porte.
J'ai agrandi ci-contre un détail de la carte postale. On peut voir la perche (entourée d'un rectangle rouge) et la broche triangulaire (entourée d'un cercle rouge) qui porte des poissons.

Revenons maintenant à notre époque, pour visiter les vestiges des perches à poissons, maintenant remplacées par des réfrigérateurs et des congélateurs.
Les perches étaient maintenues verticalement le long des maisons, par l'intermédiaire de pierres qui faisaient partie des murs.
On voit sur cette photo prise dans le village de Sauzelle, rue des Buttes, Une pierre percée d'un trou dans lequel on enfilait la perche, qui reposait sur la pierre plate placée sous la précédente et qui se nomme la semelle.
Il s'agit du détail de la photo d'ensemble qui est présentée dans la page consacrée aux écluses à poissons.
Voici le même système de fixation encore plus complet. Ce système de fixation se trouve au Colombier (juste après le port de la Cotinière). On peut distinguer la semelle, en bas, la pierre percée d'un trou au milieu et plus haut deux pierres verticales, appelées les joues. Deux trous sont percés dans ces pierres et, lorsque la perche était dressée verticalement, on venait y mettre une cheville en bois pour consolider l'ensemble.
On peut également distinguer, à mi chemin entre la semelle et la pierre trouée, un taquet qui servait à maintenir la corde qui servait à monter le poisson au sommet de la perche.

Nous allons continuer notre visite des perches oléronnaises par un endroit qui possède encore sa perche. Elle se trouve dans le village de Saint-Séverin, à quelques kilomètres de la Cotinière.
Cette perche mesure plus d'une douzaine de mètres. Elle était déjà en activité il y a plus de cinquante ans. On peut l'apercevoir de loin dans le petit village !

Voici une autre perche qui possède sa perche. Elle se trouve rue de Domino, à Chaucre. Elle est magnifiquement conservée et entretenue.

Cette perche se trouve à Domino.

C'est encore à Chaucre, rue du Rocher, que l'on peut adminer ce support de perche à poissons.