60 ans après : quelques vestiges du Mur de l'Atlantique : "Les Pieux à Rommel"
Article de Michel Nadreau
Un des éléments de défenses cotières érigés de 1942 à 1944 sur la façade Atlantique par les allemands, pour faire obstacle à d'éventuels débarquements maritimes et aériens, ont été les "Pieux à Rommel".
Ces Pieux de béton armé étaient disposés sur les plages et les dunes de l'île en alignements simples ou en tétraèdre pour stopper la progression de l'infanterie, des blindés, éventrer les embarcations de débarquement, voire empêcher les aterrissages sur les plages.
Comme l'ensemble des ouvrages du "mur de l'atlantique" (blockhauss, casemates, pas de tir...) les "pieux à Rommel" ont été fabriqués et disposés par l'organisation TODT qui employait une majorité de travailleurs "requis" (de nombreux oléronnais furent ainsi "requis" à partir de l'âge de 14 ans (certains parents avaient donné cet âge à leurs enfants pour avoir des cartes de tabac supplémentaires). Cette réquisition se faisait sur la base de listes de réquisitionables fournies par les mairies ou certains particuliers comme le grainetier de Saint Pierre. Contrairement aux STO qui partaient en Allemagne, les "requis" touchaient une rémunération.
Ne pas confondre les "Pieux à Rommel" et les "Asperges à Rommel" qui sur Oléron étaient constituées par des troncs de pin de 3 à 4 m directement coupés dans les forêts domaniales ou privées et plantés dans les champs où il y aurait pu avoir un risque d'aterrissage de planeurs. Les travailleurs du STO assuraient ce travail avec plus ou moins de zèle. Ces "asperges", très génantes pour les cultures, arrivaient à se volatiliser et on se demande comment ?
A la fin de la guerre les "Pieux à Rommel" sont restés sur place et sont devenus une aubaine pour les constructeurs oléronnais qui en ces temps de pénurie avaient du mal à se procurer du ciment. C'est ainsi que de nombreux "Pieux" furent extraits de la côte avec le boeuf, la charrette et des gros bras.Les utilisations en ont été aussi diverses que variées (voir les photos). | | "Palantraghe" de fenêtre d'écurie construite juste après la guerre. Remarquer l'armature en fer du "Pieux" qui a rouillé en faisant éclater le béton. | Même écurie : "palantraghe" de la porte : il fallait 3 "pieux" pour faire la largeur du mur. | | | Pavage en "Pieux à Rommel" de cette même écurie : l'espace photographié représente l'emplacement d'une vache | Parterre de fleur dont la bordure a été confectionnée avec un "Pieux à Rommel". | | | Poteau d'angle d'une clôture barbelée. | Une autre clôture : remarquer les armatures des Pieux. | | | Angle d'une clôture "lisse" | Clôture d'une ancienne cour des poules aujourd'hui joliement décorée de roses trémières. | | | Délimitation d'un emplacement de caravane. | Pont d'accés à un champ au-dessus du fossé appelé "douet' ". Toute la largeur du pont est constituée de "Pieux à Rommel" reposant sur des pierres. | | | Délimitation d'un mur d'angle | Abreuvoir aménagé sur la route du "Marais salé Pour faire boire les vaches au retour des champs. Les "Pieux à Rommel" sont difficiles à voir dans la végétation du bord du "douet' " |
Ces photos ont été prises en Août 2002 à Chaucre par Michel Nadreau
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