Oleron (Cabuzel) L'île d'Oléron  
Dimanche 14 mars 2010 - 6h39 - Soleil : lever 8h21, coucher 20h09 - Lune : nouvelle lune le 15 mars
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L'ouragan de 1999 Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Ostréiculteur à l'île d'Oléron, je quitte mon île chaque week-end pour aller vendre mes huîtres à la ville. Au volant de mon camion, je roule vers Nogent-sur-Marne, sept heures durant, le plus souvent en écoutant France Inter : "vous écoutez France Inter, Joël Collado, la météo avec les Pintades fermières du Gers." Au petit jour de ce mardi 28 décembre 1999, à l'heure où nous devrions préparer l'emballage de nos huîtres pour le réveillon exceptionnel de l'an 2000, je contemple, incrédule, les restes de mon établissement ostréicole. Hier, lundi 27 décembre, pendant quelques heures, j'ai cru que plus personne ici ne verrait ce mardi ! A 17 heures, alors que le vent soufflait depuis deux heures à 120, 130 kilomètres à l'heure et que nous essayions en hâte de protéger de la tempête ce qui pouvait l'être, j'ai soudain levé la tête... J'ai vu le ciel de l'ouest ! J'ai pensé : "Alors là ! Alors là ! " Un ciel bas, si lourd, d'un étrange ocre rouge, uniforme, assombri par la nuit tombée, qui, d'un coup, nous envahissait, nous engloutissait comme une gueule de monstre. L'heure était venue de la vengeance des pintades ! Elevées en plein air, elles ont l'habitude, elles, les pintades, des courants d'air !

Nous étions six hommes costauds et courageux, dès 18 heures, réfugiés dans la cabine du camion, après que le toit de la cabane se fut envolé. Nous étions six, secoués, ballottés au milieu des tourbillons de tôles, de tuiles, de casiers, de pochons, au milieu des envols de palette, de brouettes et je pensais à ce mauvais jeu de mots que j'avais fait un jour : "Noël à la cabane, Paco Rabanne".

Reverrais-je Christine, mes enfants, ma famille, mes amis ?... Et plus le temps passait, plus les pintades soufflaient. 190, 200 à l'heure et puis, pfuitt ! anémomètre explosé à Chassiron. 220 à l'heure, 300, 500... va savoir ! L'apocalypse !

22h30, secoués depuis plus de quatre heures comme une boule de loto, épuisés nous tentons enfin une sortie dans un semblant d'accalmie...

A vous, mes amis agriculteurs du Gers et d'ailleurs, à vous mes collègues ostréiculteurs et pêcheurs charentais, vendéens et bretons, à vous Normands, Parisiens, Alsaciens, je veux vous dire : méfions-nous des animaux quand ils présentent la météo à France Inter ! Et voici qu'au dessert on nous annonce maintenant le mazout (la "Total", quoi!). Croyez-vous qu'ils viennent chez nous par hasard ? C'est encore un coup des pintades ! qui dans leur folie destructrice n'ont pâs hésité à assassiner Gillot-Pétré. Ah, Alain ! Si tu avais été là ! Comment tu nous l'aurais ridiculisé, cet ouragan !

Jean-Marc Chailloleau Oléron.
 
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