|
Le témoignagne d'un saulnier Oléronais |
|
|
|
Voici le témoignagne d'un saulnier Oléronais qui a appris le métier avec son grand-père de 1922 à 1928 (marais de Lenteneu près d'Eguille). un grand merci à Michel NADREAU La photo ci-contre est celle d'un marais salant qui a été remis en activité, à Boyardville. Elle représente les aires où se récolte le sel. Voici le circuit de l'eau salée pour se réchauffer et avoir la meilleure température, c'est-à-dire, le système des prises "d'èves" pour faire de la "sau". La grande "chenau" boit directement sur la côte dans des endroits de vases gris foncé appelés "platins" pendant la basse mer (3 à 4 heures de temps selon la maline) la vase chauffe au soleil, quand la mer remonte elle déferle tranquillement sur cette vase chaude de soleil et se réchauffe, puis elle rentre librement dans "la chenau" et alimente les "russons" ou "ruisson" en eau. 1/ Chaque "prise de marais" a une "varagne"ou"vareigne" ("prise d'ève")à l'arrivée du "russon". Toute la saison de l'été on ouvre 2 ou 3 fois pendant la "maline" la "varagne" au moment de la haute mer pour faire "bouère" le marais. L' eau passe par la "varagne" vers la "branche courante" qui était le repaire des anguilles et des "mulets". 2/ Au bout de la "branche courante" "l'ève" bute sur le "gourmet" ou "gourmas" (planche épaisse avec trois trous de différentes dimenssions que l'on ferme avec trois chevilles en bois), pour "faire bouère" plus ou moins on ouvre 1, 2 ou 3 trous selon la nécessité ou le besoin. Le tout est de faire rentrer l'eau lentement pour qu'elle s'échauffe le plus possible. 3/ Ensuite l'eau en sortant du "gourmet" rentre dans les "conches" en suivant le niveau du sol qui a été tiré en légère pente pour rentrer dans le marais salant par "une passe d'ève" ruisseau qui sépare deux voisins d'une communauté, et arrive à "l'amedeau" qui distribue par trois chevilles (comme le gourmet) "l'ève" dans le marais salant. Pour la communauté des 2 ou 3 sauniers qui utilisent le marais il y a toujours des discussions entre eux sur la quantité d'eau à faire rentrer. 4/ L'eau rentre dans le marais salant par les "vires" (le "muant", les "tables", sont les noms donnés aux différentes "vires"). Chacunes de ces réserves d'eau sont séparées par des "pièces" ou "mors"(buttes de terres faisant séparation et permettant le passage à pied) chargées de retenir l'eau en la répartissant sur une épaisseur de 10 à 15 cm toujours pour le réchauffement progressif de l'eau. 5/ Le dernier circuit de l'eau consiste à la faire passer par "l'aveneau" pour entrer dans "les aires" constituées de carrés de 4 à 5 m de coté séparées par des "pièces" permettant de passer pour venir brasser "l'ève" et faire "cherre"(tomber) la "sau" sur la plate-forme au fond de "l'aire". Ensuite au bout de 2 ou 3 jours on tire la "sau" sur le bord de "l'aire", on laisse un peu égoutter la "sau" et on la tire sur la "pièce" pour en faire des "mulons" (ou "coubiats"). Le "coubiat" est l'appariement de 2 "mulons" appartenant à 2 "aires". De la "varagne" à "l'aire" le circuit de "l'ève" peut faire jusqu'à 1 km parfois plus. Quelques outils employés pour récolter le sel et nettoyer le marais, les "conches", les "branches" et les passées "d'ève". Le "boguet" : pelle de marais en bois avec un grand manche pour jeter la vase sur les "bosses". Le "rouabe" : "rabale" pour pousser la vase au plus près des bosses. La "simouche" : "rabale plus affinée pour tirer le gros sel gris. Le "servion" : c'est une planche emmanchée de 30 cm de long, percées de petits trous comme une passoire pour égouter et tirer la "fleur de sel" fin. "L'essaugouère" : est constituée de 2 planchettes pour remplir les paniers. Le panier "por sau" : panier en rotin ou en "ouésit", plat, servant à transporter à l'épaule la "sau" prise au "coubiat" avec "l'essaugouère" pour aller la mettre sur le tas au niveau de la "bosse" aussi appelée "tasselet"ou "tasselier". Le panier plein pèse de 15 à 20 kg. "L'échalète" : petit escalier creusé dans l'argile ("chalon") pour monter sur la "bosse" en venant du marais.
|